Les poulets devenus des outils de production contaminés, fous et cancéreux
Par Marjolaine Jolicoeur   
18-01-2007

Plusieurs pays ont pris en grippe le poulet, faisant chuter les ventes dans plusieurs pays. Dans cette psychose aviaire, quelle voix s'élèvera pour dire que le poulet se venge peut-être de toutes les humiliations perpétrées depuis trop longtemps par les humains?

Mondialement, la consommation de poulets ne cesse d'augmenter. De par le monde, on mange plus de 17.8 milliards d'oiseaux; au Canada 600 millions de poulets et 19.7 millions de dindes

80 % de ces volailles proviennent de fermes industrielles, avec tout ce que cela comporte de souffrance animale, de gaspillage des ressources, de contaminations et d'utilisations de vaccins et d'antibiotiques.

Ces poulets entassés et élevés sans aucun respect provoqua, selon plusieurs, l'émergence du virus de la grippe aviaire. Une vaste psychose du poulet se propage maintenant sur toute la planète et les ventes de volailles dégringolent.

En considérant le poulet comme une machine à satisfaire les besoins des humains, les pratiques de l'élevage intensif mirent en place tout le scénario pour cette contamination massive des oiseaux. Dans un univers mécanisé où il est traité comme une outil de production, le poulet est coupé de son environnement social, de relations avec ses petits ou ses congénères, privé de tous ses comportements les plus naturels. En violant son intégrité, en bafouant sa dignité de poulet, c'est toute l'unité globale de la vie qui s'en ressent.

Le poulet vit prisonnier dans des hangars qui peuvent contenir entre l0 000 ou 100 000 autres oiseaux. Il n'a jamais accès à un parcours extérieur, au soleil et à l'herbe. Il est tué à environ 40 jours, soit deux fois plus jeune qu'il y a 30 ans.

Pour arriver à le faire grossir dans un si court laps de temps, on donne au poulet une alimentation composée de céréales diverses telles que maïs, blé et soya, ainsi qu'une certaine quantité de farine de poisson et de graisse de volaille. Pour contrer ses innombrables maladies ou pour augmenter sa croissance, des antibiotiques sont largement distribués ainsi que des vaccins. Pesticides et métaux lourds se retrouvent aussi sa chair.

À cause de son alimentation forcée mais aussi de sa génétique, le poulet est vite déformé et malade. Ses muscles, son coeur et ses poumons grossissent plus vite que son squelette et ses pattes.

90 % des poulets ne peuvent marcher normalement et boitent
Selon une étude anglaise (Kestin et al. 1992), beaucoup développent aussi des problèmes cardiaques et un douloureux gonflement de l'abdomen par des fluides corporels provoquant de la paralysie. Le contact prolongé avec des litières pleines de déjections riches en ammoniaque agit comme un acide et occasionne brûlures et ulcères aux pattes et des ampoules à la poitrine.

Ne pouvant se mouvoir librement ou faire de l'exercice, ayant beaucoup de mal à dormir, parce que constamment dérangé par ses congénères et la trop grande intensité lumineuse, le poulet développe un comportement agressif. Il peut parfois devenir un cannibale en attaquant à coups de bec les autres poulets. Des études ont démontré que si 90 poulets vivent ensemble ils maintiennent un certain ordre social. Mais lorsqu'ils sont entassés à plusieurs milliers dans un espace restreint, ils deviennent fous furieux à vouloir s'approprier une place dans la hiérarchie.

Si le poulet est malade et fou il compte plusieurs maladies dont le cancer
Les poulets souffrent en grande majorité de leucose - ou cancer du poulet- venant d'un herpès-virus lié à l'apparition de tumeurs chez l'oiseau mais aussi chez l'humain. Des études confirment qu'il existe un excès de risques de leucémie, maladie de Hodgkin, lymphome non Hodgkinien et myélone chez le personnel de l'industrie aviaire. Une augmentation de risques de leucémie chez les éleveurs de poulets et de myélome dans les régions à forte concentration d'élevages de volailles a de plus été recensée.

Ces virus peuvent se transmettre par contact direct ou par l'ingestion de viande ou d'oeufs. Selon le Journal of Molecular Biology -1971, il existe une ressemblance entre les lyzomes (enzymes qui luttent contre les micro-organismes) présents dans les leucémies humaines et ceux que l'on retrouve dans les blancs d'oeufs. Le poulet peut aussi être porteur de la maladie de Gumboro, comparable dans son fonctionnement au SIDA humain, puisqu'elle s'attaque aux défenses immunitaires.

La majorité des oiseaux sont aussi atteints par la maladie de Newcastle, infectieuse et très contagieuse; le virus impliqué peut se conserver plus de deux ans dans des carcasses et découpes congelées et huit mois sur la coquille d'un oeuf. S'ajoutent à cette liste de contaminations les salmonelloses, donnant à l'humain diarrhée, frissons, fièvres et douleurs abdominales. Comme les symptômes ressemblent à ceux de la grippe, l'intoxication n'est pas toujours détectée et se révèle beaucoup plus fréquente qu'on ne le pense chez les consommateurs de poulet. Selon un rapport du Ministère américain de l'Agriculture, même se laver les mains à plusieurs reprises après avoir manipulé un poulet non cuit ne suffit pas toujours à enlever la toxine.

Souffrance atroces qu vivent les poulets
Les humains qui aiment observer les geais bleus ou leur gentille perruche préfèrent le plus souvent oublier que le poulet se retrouvant dans leur assiette est un oiseau pareil à tous les autres volatiles. Qu'il est lui aussi un être sensible ayant la capacité de ressentir et d'exprimer des émotions. Que sa douleur est profonde à toutes les étapes de sa misérable existence de poulet de consommation.

Avant d'arriver à l'étape finale de l'abattoir, le poulet doit subir le ramassage dans les fermes qui se fait, le plus souvent, sans ménagement. Lors de la capture, les "ramasseurs" doivent courir après les poulets, les encercler par petits groupes puis les transporter par grappes, en les tenant par les pattes. Cette brutale manipulation occasionne stress et blessures aux pattes mais aussi aux ailes. Les oiseaux terrifiés se retrouvent ensuite entassés sans ménagement dans des caisses dont les couvercles peuvent être rabattus violemment sur leurs pattes, leurs ailes ou leur cou qui dépassent.

Dans les camions surchargés les amenant vers leur mort, les oiseaux font ensuite face aux chocs, à la chaleur, au froid, à la suffocation, aux problèmes cardiaques et aux blessures multiples. Au Canada, plus de 1 % des "poulets "à griller" meurent en transit vers l'abattoir. Les morceaux de poulets vendus séparés - ailes ou cuisses - que les consommateurs achètent proviennent souvent d'oiseaux blessés ou malades, invendables en entier.

A l'abattoir le poulet est suspendu la tête en bas, pattes liées dans des entraves métalliques,ce qui aggrave les douleurs des pattes ulcérées et des blessures subies au moment de la capture et du transport. Il est ensuite plongé dans un bain d'eau électrifiée destiné à le rendre inconscient, avant d'avoir la gorge tranchée. Il passe ensuite dans un bain d'eau bouillante afin de décoller ses plumes. Parfois il arrive qu'un poulet ne perde pas conscience dans l'eau électrifiée et soit pleinement conscient pour l'égorgement.

Selon Karen Davis, présidente de l'association United Poultry Concerns, chaque jour, aux Etats-Unis - où les procédés d'abattage sont semblables à ceux du Canada - près de 60 000 poulets demeurent vivants pendant l'égorgement. Pleinement conscients puisque non étourdis, les poulets s'agitent encore et les lames automatiques tranchent n'importe où. Tout le processus de la mise à mort prend environ 6 minutes et les poulets qui attendent leur tour peuvent observer dans la terreur et la peur tout ce qui se passe pour leurs congénères. Ces faits horribles furent dûment rapportés dans une récente enquête gouvernementale.

Elle révélait qu'un tiers des abattoirs du Québec sous la responsabilité du gouvernement fédéral peinent à obtenir la note de passage en matière de salubrité mais aussi de traitement sans cruauté des animaux
Oiseaux malades accrochés contaminés aux chaînes de production, oiseaux non inspectés, taux anormalement élevé de décès d'animaux dans des locaux dépourvus de nourriture, d'eau ou de ventilation, autant de pratiques ayant cours dans les abattoirs. Dans plusieurs d'entre eux, les animaux abattus restaient vivants pendant de longues minutes après leur soit disante insensibilisation.

Souffrance des humains
Si l'industrialisation du poulet est une source d'innombrables souffrances pour les oiseaux, elle l'est aussi pour l'environnement et l'humain. Elle provoque un énorme gaspillage des céréales puisqu'il faut pour produire l kilogramme de poulet 3,4 kilos de céréales, qu'il serait plus juste et équitable de donner aux humains affamés.

Gaspillage aussi de l'eau: pour l kilogramme de poulet, on doit utiliser plus de 3 500 litres d'eau, selon David Pimental de la Cornell University. (En comparaison, l kilogramme de pommes de terre requiert seulement 500 litres d'eau.) Ce gaspillage d'eau se poursuit à l'abattoir car l'abattage d'un seul poulet demande une vingtaine de litres d'eau.

Un abattoir moyen de volailles a autant besoin d'eau qu'une ville de 25 000 habitants. Plusieurs personnes soucieuses de leur cholestérol pensent manger plus "santé" en consommant du poulet au lieu du boeuf, par exemple. Pourtant le poulet contient le même niveau de cholestérol que le boeuf, soit 23 mg par once. Et comme le poulet n'est pas en général très en santé lui-même, sa chair contaminée avec virus et cancers multiples ne peut guère donner la santé à celui qui la consomme.

Pas si fou le poulet
Lors d'expériences des poulets ont été capables d'apprendre à ouvrir des portes et à s'orienter dans un labyrinthe aussi rapidement que des chiens ou des chevaux. Très sensibles aussi à la douleur, des poulets souffrant d'une blessure optaient toujours pour les aliments auxquels on avait ajouté de la morphine. Les poulets en bonne santé choisissaient plutôt les aliments sans analgésique.

Le poulet n'est pas un objet ou un produit de consommation, mais un être sensible et complexe ayant des "capacités cognitives remarquables et des innovations culturelles". Pour Christine Nicol, chercheuse à l'université de Bristol : "les animaux, que ce soit les vaches, les cochons, les chèvres ou les poulets, ont bien plus d'aptitudes à la connaissance et des facultés d'adaptation qu'on ne le pensait. Nous, les humains, devons à présent assimiler le fait que chaque animal que nous utilisons ou que nous mangeons est un être vivant complexe et qu'il est donc temps de revoir fondamentalement notre attitude à son égard".

Le poulet n'est pas indispensable à notre alimentation, toutes les protéines se trouvent en quantité suffisante dans une alimentation comportant légumineuses, tofu, graines, noix et céréales. Manger beaucoup de fruits et de légumes et laisser le poulet vivre en paix sa vie de poulet, libéré de la violence égoïste des humains. Voilà une solution fort simple pour être en santé mais aussi pour contrer la folie de la grippe aviaire, les gaspillages d'eau et de céréales, la pollution et les contaminations de toutes sortes.
En libérant les poulets, on se libère soi-même !

ALLEZ visionner les vidéos sur les tortures qu’on fait endurer aux animaux
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